Exposé à Centrale Marseille : Peut-on mettre un prix sur le climat ?
Lundi 16 mars 2026, j’étais invité par [Renaud Bourlès](http://renaud.bourles.perso.centrale-med.fr/ et Guillaume Quiquerez à Centrale Marseille pour intervenir dans le cadre d’un cycle de conférences intitulé “Valeurs et soutenabilité” qu’ils organisent. L’intervention était destinée aux élèves du cycle ingénieur de l’établissement. La présentatio discute de la manière dont l’analyse économique permet de mesurer les impacts du climat et du changement climatique sur les sociétés humaines. Le titre de ma présentation était le suivant : “Peut-on mettre un prix sur le climat ?”.
1 Résumé de la présentation
Le changement climatique est aujourd’hui un phénomène physique solidement établi par la communauté scientifique, principalement lié à l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ses impacts économiques, sanitaires et sociaux sont croissants, et l’inaction rend l’ajustement futur toujours plus coûteux.
Face à cette dynamique, les sociétés doivent arbitrer entre coûts de l’action immédiate et dommages de l’inaction prolongée, ce qui suppose de mesurer les coûts des politiques de réduction, d’estimer les dommages et d’actualiser les effets futurs.
La présentation s’articule en quatre parties. La première formule la question climatique comme un arbitrage entre coûts présents et bénéfices futurs, et introduit deux cadres économiques : approche cible et approche coût-bénéfice. La deuxième montre que le changement climatique constitue une externalité négative (c’est-à-dire une situation où les émissions de certains génèrent des coûts pour d’autres sans compensation) d’ampleur exceptionnelle : globale, cumulative et intergénérationnelle, ce qui rend la coordination internationale particulièrement complexe. La troisième, cœur de l’exposé, examine la mesure des dommages climatiques (notamment les impacts sur la productivité, l’agriculture, la santé et la mortalité, la violence) tout en soulignant la sensibilité des estimations aux méthodes et aux hypothèses retenues. La quatrième explique pourquoi la connaissance des dommages ne suffit pas à produire l’action, en raison du free-riding (comportement consistant à bénéficier des efforts des autres sans contribuer soi-même) et des inégalités dans la répartition des coûts et bénéfices.
En somme, le regard porté par l’économie sur le changement climatique ne consiste pas à réduire le climat à un prix. Il vise à éclairer les arbitrages qu’impliquent les décisions collectives, sans masquer les choix de valeurs qu’elles supposent. Ensemble, nous chercherons à comprendre comment ces outils peuvent structurer le débat et éclairer vos propres jugements.
Les diapositives sont en ligne : Slides